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Musiqa, 1999 à 2000
 
 
 
 
A propos de cette série  
 
10 peintures sur toile. Mélange d'écriture arabe et peinture, inspiré de la sonorité d'une musique arabe mariant indiciblement nostalgie et modernité.
 
 
 
Ce qu'en dit Micheline LO  
 
A l'origine, une musique arabe d'un chanteur inconnu sortant d'une radio portative. Le son  mariait la nostalgie et la modernité en un mélange si étonnant que l'auditrice a cherché à y appliquer un nom propre.
Les investigations ont échoué, mais l'expérience a donné dix toiles où l'écriture arabe sert de tremplin à la sonorité musicale.
 
 
 
Ce qu'en dit Henri VAN LIER  
 
Parmi les musiques traditionnelles, la musique arabe annonce bien la musique contemporaine des formations vivantes. La séquence y est ostensible, étant donné son échelle restreinte. Elle est très reséquentiatrice, par impatience ou par rencontre, jusqu'à de régulières stridences paraorgastiques, enfantant non seulement des variations, mais des transformations (jusqu'à trente en une soirée chez Oum Kalsoum). Là aussi les analogies naissent des réaiguillages de la digitalité (qu'affectionnent les peuples nomades, a-t-on soutenu). Et la phrase musicale n'est pas d'abord un propos général qui engendrerait des parties, mais bien des événements aléatoires, des hasards au sens rigoureux, où les buts, s'ils surgissent, sont transitoires. Du reste, cette musique dispose d'une notation musicale avec des points, des traits et des ligatures, qui sont une bonne fortune pour un peintre des Chemins des écritures.

Pourtant ce ne sont pas ces immanences qui furent recherchées cette fois, mais justement ces instants où, à l'occasion de structures et de textures encore palpables, les ultrastructures de la stridence retournent l'immanence en transcendance, la saltana provoquant le tarab, cette pure intensité du cri où tout ce qui est posé est aussitôt défait. Picturalement, seul le vert-jaune, centre optique préalable à la rhétorique des complémentarités des couleurs, peut porter pareille extase ; il est la couleur de l'Islam, religion de la transcendance non médiatisable, et fut ostracisé par Mondrian. Alors, le vert-jaune aurait dû remplir presque à lui seul la toile ? Mais justement, ce que la musique arabe nous apprend aussi c'est que la transcendance ne peut être visée que par le renversement d'immanences. Ici, le rose et le bleu pour la couleur. Et quelques ligatures pour le trait.

Cette suite est l'occasion de signaler le rapport habituel de Micheline Lo à la musique. Elle jouait à vue la musique classique, mais rarement, sauf Scarlatti. Elle n'écouta jamais d'enregistrements en peignant, mais elle lisait presque toujours sur un fond de musique de type séquentiel, comme les Chansons à penser africaines, ou le country de Lightning. Elle affectionnait l'écoute en boucle. Ses improvisations au piano avaient quelque chose de l'expérimentation neuronique de Flexte.